célébration de l'indépendance et de la dégénérescence celluloidale depuis 1996 
COUVERTURE DU PREMIER NUMéro de trash times (hiver 1996) Trash Times est une publication créée en 1996 et animée par
un fanéditeur bordelais, vidéophage passionné de bandes obscures. « Je suis de la génération fanzine ; les sites et les blogs n'existaient pas. Ado j'ai baigné dans la culture punk. Dans les concerts il y avait toujours un stand de fanzines, j'ai évolué avec ça (...) J'ai découvert des fanzines américains qui ont eut un fort impact sur moi : Filmfax, Psychotronic Vidéo, Cult Movies, Deep Red… Ils n'avaient rien de comparable avec leurs homologues français qui avaient beaucoup de mal à allier le fond et la forme. Néanmoins l'idée de faire mon fanzine a germé et armé d'une machine à écrire de ciseaux et de colle en stick j'ai commencé à bricoler le premier numéro d'It's Alive ! Mais je n'étais pas franchement satisfait du résultat. Puis sont arrivés Vidéotopsie et Atomovision de Fabrice Lambot, les premiers zines français à utiliser l'outil informatique pour un rendu vraiment satisfaisant. Je me suis dit que s’ils arrivaient à le faire, j’allais me lancer moi aussi. J'ai balancé la maquette d'It's Alive ! à la poubelle, j’ai acheté mon premier PC et j'ai démarré Trash Times comme ça (...) j’étais tout seul. Bien qu’à l’époque, avec des potes, on a tous eu envie de faire des fanzines au même moment. On a essayé de fonder un petit label, mais rien de très officiel. Il s’appelait Moshi Moshi. Eux faisaient des fanzines de BD, moi un fanzine ciné ».
Reprenant l'adage américain "les ordures d'hier sont les trésors d'aujourd'hui", le fanzine a pour sujets de prédilection les films d'exploitation et les séries B des années 50 à 80. « Le cinéma d'exploitationest un peu le rouleau compresseur qui a balayé progressivement les tabous au cinéma. Des films éducatifs et hygiénistes des premières heures, du burlesque aux films nudistes, de la sexploitation au porno, de la violence au gore... Le cinéma actuel ne serait pas tel qu'on le connait aujourd'hui sans les films d'exploitation ».

couverture du dernier numéro (en date) de trash times (printemps 2005) Pour son septième numéro, le petit zine local et confidentiel devient un fanzine A4, plus soigné et plus dense, avec l'arrivée de collaborateurs ; « il s'agissait de lecteurs qui voulaient participer. L’équipe s’est étoffée progressivement... On doit être une dizaine de rédacteurs aujourd’hui, et le format à également changé, avec plus de pages, un contenu plus pointu, une meilleure sélection des films ». Ce dernier trouve sa formule au numéro 10 : des dossiers, des interviews exclusives (parmi lesquelles quelques vieilles gloires du film d'exploitation et de la série B étrangère - Herschell Gordon "le parrain du gore" Lewis, Jess Franco, Don "la série des Ilsa" Edmonds, Ted V. Mikels, Lloyd "Troma Films" Kaufman, Fred Olen Ray... - et françaises - Jean-Marie "White Fire : Vivre pour survivre" Pallardy, Alain "Terreur Cannibale" Deruelle ; et de jeunes réalisateurs tels que Alex "Le Jour de la bête, Crimes à Oxford" De La Iglesia, Fabrice "Calvaire, Vinyan" du Welz, Karim "Abandonnée, Subconscious Cruelty" Hussain, Andrew "I Zombie" Parkinson...), des articles de fond, et un bon paquet de bandes marginales visionnées au numéro.
Trash Times arrive tardivement sur internet en 2001 avec un site proposant un contenu complémentaire au fanzine « On parle d'actualité sous un angle différent, de façon décalée... disons qu'on lui fait plus écho que la traiter frontalement ». Le lectorat s'épaissit et le fanzine est salué par des revues françaises - comme Mad Movies, L'Ecran Fantastique, Toxic Magazine, Starfix, Rock & Folk - et étrangères - Psychotronic Video, Shock Cinema ; et supporté par des personnalités comme Jean-Pierre Dionnet (Cinéma de Quartier, Canal +), Christophe Lemaire (Starfix, Brazil, Canal +), Jean-Pierre Putters (fondateur de Mad Movies), Christophe Bier (France Culture, Cinérotica, Mad Movies), Eric Valette (réalisateur de Maléfique, Une Affaire d'état et du remake américain de One Missed Call). Après quatre autres copieux opus, les activités ralentissent et se stoppent temporairement en 2006.
Emmergeant d'un repos forcé, Trash Times marque son retour en 2008 en créant son association. Parmi ses projets : l'organisation de projections en région bordelaise, le lancement d'un nouveau site internet et la publication de nouveaux numéros du fanzine.
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* LES Déclarations retranscrites dans ce texte sont extraites de l'interview publiée dans le fanzine Noir de Cou #1.
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