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+ DE REVIEWS !!AXE – SPECIAL EDITION
AKA. LISA, LISA | CALIFORNIA AXE MASSACRE | THE VIRGIN SLAUGHTER
genre : CAROLINA AXE MASSACRE ORIGINE :USA / 1974 STUDIO :FREDERICK PRODUCTIONS / BOXOFFICE INTERNATIONAL PICTURES PRODUCTION :J.G. PATTERSON JR. & IRWIN FRIEDLANDER Scénario :FREDERIC R. FRIEDEL Réalisation :FREDERIC R. FRIEDEL PHOTO :AUSTIN MCKINNEY MUSIQUE :GEORGE NEWMAN SHAW & JOHN WILLHELM
INTERPRéTATION : LESLIE LEE, JACK CANON, ray green, DOUGLAS POWERS, FREDERIC R. FRIEDEL....SFX & maquillages :WORTH KEETERSPécifications TECHNIQUES :FILMé en 35 mm | format original 1.85:1 DURéE :68 MIN. SORTIE INITIALE :DISTRIBUé par BOX OFFICE INTERNATIONAL EN JUILLET 1977 SOUS LE TITRE 'AXE' EXPLOITATION EN FRANCE :Inédit
 
spécifications techniques du SUPPORT CHRONIquéLDVD ZONE 1 NTSC (IMPORT US) • editeur : image entertainment • éDITION : SOMETHING WEIRD VIDEO - SPECIAL EDITION (2001) • VIDEO : FORMAT original NON RESpecté 1.33:1 (1.85:1 OPEN MATTE) POUR ECRAN 4/3 • AUDIO : ANGLAIS - DOLBY DIGITAL MONO • SOUS-TITRES : AUCUN • DURée du film : 68 MINUTES • BONUS : FILM SUPPLémentaire (THE ELECTRIC CHAIR, 1972), SUJETS COURTS, BANDES ANNONCES, GALERIE DE POSTERS DE BOX OFFICE INTERNATIONAL présentation
du film
5.5|10suppléments7|10INTERET GLOBAL
DE L'édition
8.5|10autre édition disponiblesAUCUNE

a jeune et fragile Lisa (Leslie Lee) vit dans une petite ferme isolée au fin fond de la Caroline, seule... ou presque. A l'instar de cette vieille bâtisse sans vie, Lisa entretient avec affection son grand-père tétraplégique. Pendant que papy (Douglas Powers) fixe la télé le regard vide, Lisa décapite des poulets avec un détachement qui fait froid dans le dos. Dans la maison les paroles sont rares, les rires inexistants : de ce silence ne se dégage que tristesse et regrets. Mais bientôt cette atmosphère monotone va être rompue par l’arrivée de trois criminels en cavale : Steele (Jack Canon), le chef maniaque du rasoir, Lomax (Ray Green), le gros fumeur de cigares, et Billy (le réalisateur Frederick R. Friedel) qui semble ne plus pouvoir supporter les accès de violence de ses deux partenaires. Après le molestage d'un homo laissé inerte dans une chambre d'hôtel sordide, et l’humiliation d’une caissière de drugstore, l’infâme trio s'invite à la ferme. Heureux d’apprendre que la maison est occupée par un légume et une jeune fille sans défense, les malfrats vont prendre leurs aises et se faire entretenir à leur tour par la passive Lisa qui ne montre aucun signe de contestation ou de résistance.

Au fur et à mesure que le film avance l’atmosphère se fait lourde et étouffante. Certes la maison est grande mais pas assez pour les truands qui tournent autour de leur proie comme des bêtes en cage. Tôt ou tard on devine qu'un drame va se produire et on ne donne pas cher de la peau de la frêle Lisa, déjà au bord du suicide. C’est le gros Lomax qui va craquer le premier et céder à ses bas instincts en abusant de la blanche Lisa. Un soir il fait irruption dans sa chambre et la viole. La fille se débat puis se munit d’un rasoir et saigne le porc. Ce dernier finira dans une baignoire, haché menu (hors champ) : c'est que Lisa est une experte quand il s'agit de manier la hache. Dès lors, les rôles sont inversés, les chasseurs deviennent les proies de leur hôte névrosée. Un état que notre héroïne se garde bien de d'afficher ; inexpressive, impassible, absente, elle hante la maison tel un fantôme et fait preuve d'un certain talent pour manipuler ses convives. Le brave Billy, persuadé que Steele a supprimé Lomax, veut prendre la fuite. De son côté Steele pensant que ses compagnons sont partis en foret profite de la situation pour abuser à son tour de Lisa sous les yeux hagards du grand père, impuissant. L’effroyable issue du film va alors se faire dans un bain de sang...

Malgré sa courte durée (à peine 70 minutes), Axe prend son temps pour construire une atmosphère angoissante, quitte parfois même à jouer un petit peu la montre. Après une première partie sur le vif nous entraînant dans une virée violente et cruelle en compagnie des trois odieux criminels, le rythme trépidant ralentit comme pour s'adapter au quotidien de Lisa, désenchanté, morne mais non moins inquiétant. Embarqué depuis le début dans l'équipée sauvage des malfrats on ne peut être que mal à l'aise face à cette intrusion brutale dans la vie de la jeune fille, et finalement se sentir séquestré avec les antagonistes quand cette dernière piège ses agresseurs dans sa toile.

Produit régional en provenance de Charlotte, Caroline du Nord, Axe est parrainé par J.G. "Pat" Patterson, collaborateur d'Herschell Gordon Lewis et de William Girdler, bricoleur avant-gardiste d'effets goreux, showman (de spookshows et autres spectacles de magie), acteur-producteur-réalisateur et scénariste de Doctor Gore (aka. The Body Shop) et The Electric Chair (présenté en second programme sur le DVD). Autant dire une véritable sommité locale du film d'exploitation. Financé pour à peine 25.000 dollars, Axe ne cherche pas à faire au-dessus de ses moyens, mais préfère au contraire s'en tenir à un certain minimalisme. Les extérieurs se résument essentiellement à la demeure de Lisa et ses alentours, et le cast se compte sur les doigts des mains. Une distribution sans grands noms, pour son premier film Frederick Friedel ayant tout misé sur des gueules locales (à l'image de l'imposant Ray Green), des amateurs capables d'imprégner la pellicule et de transmettre naturellement des émotions, comme la saisissante Leslie Lee dans le rôle de Lisa. Avec manifestement un peu plus d'expérience, Jack Canon bénit le film de sa forte présence. Doté d'un charisme et d'une aisance incroyable le comédien parvient à gagner la sympathie du spectateur en jouant un criminel amoral, tantôt charmeur tantôt sardonique, mais résolument impitoyable. C'est d'ailleurs l'une des réussites du film : arriver à rendre les personnages attachants sans avoir le temps de les développer ni même d'expliquer leurs motivations. Axe est comme un train pris en marche pour un périple émotionnellement mouvementé vers une destination inconnue mais que l'on redoute à l'avance.

L'amateurisme devant la caméra rivalise avec le manque de pratique de la jeune équipe technique aux commandes. Heureusement l'une des grandes forces de la production est d'avoir su tirer avantage de l'expérience d'un chef opérateur chevronné. En effet, Austin McKinney a fait ses armes sur les séries B de David L. Hewit et aux côtés de Jack Hill dans les 60's. Engagé par la New World de Corman au début des années 80, il formera à son tour un jeune James Cameron qui lui renverra l'ascenseur lors du tournage de son Terminator. Dans Axe McKinney alterne cadrages brut et prises de vue contemplatives créant un climat d'inquiétude tout en conférant au film un cachet très réaliste. Un ton assez particulier définitivement scellé par le thème musical de George Newman Shaw et John Willhelm qui se répète comme une rengaine mélancolique et plaintive, à l'image du titre original : Lisa, Lisa.

C'est sous ce titre, certes peu aguicheur mais plus approprié, que le film de Friedel débuta laborieusement sa carrière dans les drive-ins locaux. Il fallut attendre 1977, une adoption et un nouveau baptême sous les auspices du crapuleux Harry Novak (via sa compagnie Boxoffice International Pictures), pour que Lisa, Lisa devienne Axe et prenne véritablement son envol. Une concession que le réalisateur dépossédé de son oeuvre et ruiné regrettera amèrement par la suite. Au Royaume-Uni les distributeurs poussèrent le travestissement jusqu'à invoquer une vague parenté avec le classique de Tobe Hooper, en l'affublant du titre absurde California Axe Massacre. Une démarche qui eut pour triste conséquence un rejet total du public, estimé à juste titre floué par la marchandise. On comprend sans peine le désarroi du spectateur endurant soixante-dix minutes lénifiantes sans même pouvoir y découvrir le "massacre" annoncé dans le titre. De Massacre à la Tronçonneuse - tourné la même année -, Axe ne possède que le pouvoir suggestif tout au plus. Si l'on devait établir une comparaison, le métrage s'apparenterait plus à un "revenge flick" dans la tradition de La Dernière Maison sur la Gauche et I Spit on your Grave.

Au vu des tactiques scandaleuses des distributeurs, on comprend mieux pourquoi le pourtant très prometteur Frederick Friedel mit prématurément un terme à sa carrière de cinéaste. Heureusement, avant de quitter la profession il nous gratifiera d'un tout aussi recommandable Kidnapper Coed (1975) qui lui permettra de prolonger sa remarquable collaboration avec Austin McKinney et l'acteur Jack Canon.

Comme de coutume Something Weird Video livre un DVD chargé à bloc en suppléments divers et variés. Hormis la poignée de trailers issus du catalogue Boxoffice International, l'éditeur nous permet de remonter l'historique de la distribution mouvementée de Axe en proposant pas moins de trois bandes annonces sous différents titres d'exploitation (Lisa, Lisa, Axe et The Virgin Slaughter). En les visionnant il est amusant de remarquer les arguments de vente mis en avant par les distributeurs en fonction du retitrage du film. Si les deux premières correspondent assez contenu formel du métrage, la dernière n'hésite pas à en rajouter dans le scabreux au point de faire passer le film pour le roughie infamant qu'il n'est pas. La présence dans les suppléments du film The Electric Chair (1972) est justifiée par le fait que son réalisateur, J.G. Patterson, se trouve être le producteur de Axe. Un cadeau reste un cadeau aussi embarrassant soit-il, on le prend par politesse, comme on dit c'est le geste qui compte. Sans relation aucune avec Axe mais nettement moins ennuyeux sont les deux sujets courts. Le premier est un film éducatif sur la santé mentale et le second est une séquence de quelques minutes nous montrant le numéro assez particulier d'une avaleuse de sabre.  GUSTO   (révision de la chronique publiée dans trash times #9, automne 2001).

 
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